Mesdames, Messieurs,

Notre association La Corne d’Or a besoin de chacun d’entre vous, dans cette période de crise qui touche les plus vulnérables, pour soutenir nos actions.

Elle est l’une des rares associations qui combine au quotidien un savoir-faire médico-social et un savoir-faire culturel. Le foyer de vie, l’accueil de jour et l’Espace Culturel ont une mission commune : Accompagner les besoins et valoriser les talents pour mieux défendre les droits des publics vulnérables afin de garantir le respect de TOUS leurs droits.

L’Espace Culturel défend les droits culturels des personnes en situation de handicap mental de la Corne d’Or, en leur permettant de dépasser leur handicap. La médiation artistique ouvre le champ du développement personnel dans ses dimensions physiques, psychiques, mentales et sociales. La pratique artistique permet d’accompagner la transformation de l’estime de soi.

Cet engagement est forcément collectif. Parce que nos actions sont inclusives, elles bénéficient aux autres publics vulnérables, et leur permettent d’être vus, entendus par leur talent.

NOTRE VISION :

Nous aspirons à développer et partager notre savoir-faire en France pour un accompagnement innovant des personnes en situation de handicap mental.

NOTRE MISSION :

La Corne d’Or propose en milieu rural un accompagnement adapté pour 55 adultes en situation de handicap mental grâce à la collaboration entre nos structures médico-sociales et culturelle. Nos équipes sont collectivement responsables de l’accompagnement des vulnérabilités : en s’adaptant aux besoins de chacun ; en facilitant l’inclusion sur le territoire et en développant les pratiques de médiation artistique.

COMMENT NOUS SOUTENIR ?

– En adhérant à l’association pour un montant de 15€/an minimum auprès de nos bureaux de Randonnai

– Ou en faisant un don* depuis la page d’accueil de notre site internet : http://www.lacornedor61.fr

*Don ouvrant droit à déduction selon les conditions générales prévues à l’article 200 du code général des impôts.

Un reçu fiscal vous sera adressé par retour de courrier.

Un grand merci pour votre confiance et votre soutien ! ☺️

Mardi 25 octobre 2022 : 8 Cordiants ont assisté au spectacle « Escales de Maclarnaque » à la Luciole SMAC d’Alençon : un ciné-concert réalisé par la DJ et percussionniste Maclarnaque.

Le spectacle : revisiter des compositions musicales autour de quatre courts-métrages d’animation avec des sons, des rythmes électroniques et des percussions. Avec ses machines, Maclarnaque nous entraine dans la poésie des sons qui nous font vibrés et vivre des animés. Sa musique nous raconte l’histoire et appelle notre imaginaire à découvrir chacun pour soi et tous ensemble ces courts métrages d’animation.

Les Cordiants avec plaisir ont battu leurs mains au son des percussion avec le reste du public venu nombreux.

Dans le cadre de notre partenariat avec la Luciole nous avons eu l’exclusive de rencontrer l’artiste qui a expliqué toutes ses machines et instruments. L’échange cordial et convivial leur a permis de poser leurs questions. Mac a répondu avec plaisir, pourquoi pas une prochaine rencontre à la Corne d’Or ?

Qui est Mac ?

Maclarnaque danseuse de hip-hop s’est lancée sur scène avec des DJ sets1. Afrodite, elle a ouvert son univers musical à la pop et au RnB. Escales est son deuxième spectacle.

Heureux hasard de découvrir le spectacle de Mac quand Alexandre Horiot propose une résidence « Musicalimage », à la Corne d’Or où Cordiants et ados de Randonnai à partir de pads partent eux aussi vers une aventure musicale pour créer une bande son sur des images de films !

A bientôt pour découvrir cette nouvelle expérience.

20 ans à l’Espace Nature

Un programme riche et varié attendait public et  familles venus nombreux, guidé par le clown Caracas sous un soleil radieux. Points forts : La reconstitution du spectacle « Danser pour exister » par Laurence Salvadori avec les résidents de l’ASPEC et de la Corne d’Or. L’acquisition aux plus offrants sous forme de dons défiscalisés, de 9 œuvres généreusement offertes par l’artiste de renom Joël Lorand. Exposition photos et diaporama, rétrospective retraçant les 20 ans d’existence. Contes en musiques avec Malika Halbaoui et pour finir la soirée le concert des Arts Improvisés.

Danser pour Exister

L’occasion de récompenser les 5 fondateurs sous l’impulsion de Sylviane Launay. Les 8 salariés toujours fidèles et professionnels sous la direction de Lisiane Uhring, ainsi que 25 Cordiants toujours présents, souriants et joyeux, depuis la création de l’établissement. De remercier chaleureusement Jean-Marie Goussin désireux de quitter la fonction de président, tout en continuant à s’investir au sein du Conseil d’Administration. Sans oublier Guy MONHEE qui a cru dès  le début en ce projet d’envergure et qui grâce à son aide précieuse a largement contribuer à sa création.

Exposition Joël Lorand

Remise de certificats de remerciements pour les Cordiants et professionnels présents depuis 20 ans.

Le produit de la tombola, des fleurs, des crêpes et des gâteaux confectionnés par de nombreux bénévoles ont permis de récolter des fonds pour l’organisation d’une sortie pour les Cordiants. Pas moins de 40 gros lots ont faits le bonheur des gagnants. L’ensemble de la Corne d’Or exprime toute sa reconnaissance à tous les bénévoles, sponsors et donateurs qui ont permis la réussite de cette fête, sans oublier le Comité des fêtes de Randonnai qui assurait pour sa part la buvette et la restauration.

Rétrospective en images des 20 ans de La Corne d’Or

Écrit par Marie Sachet, 9 juin 2022, à partir du rapport d’évaluation 2021 et des contributions collectives des équipes sur chaque résidence artistique, notamment les rapports d’évaluations de Flavie Beuvin et Charity Thomas, Chargées de médiation en 2021.  

Note : Pour plus d’informations sur chaque résidence artistique 2021, merci de consulter le rapport d’activités 2021 et l’onglet « Traces » de notre site web. Un rapport d’évaluation détaillé est également disponible sur demande et nous sommes disponibles pour échanger sur nos pratiques. N’hésitez pas à nous contacter : communication.ec@lacornedor.fr

Orientations associatives 2021 : Pourquoi l’Espace des Arts est devenu l’Espace Culturel La Corne d’Or?

La Corne d’Or est l’une des rares associations qui combine au quotidien un savoir-faire médico-social et un savoir-faire culturel pour accompagner des adultes en situation de handicap mental. En 2019, les axes « Culture-Handicap-Territoire » sont ressortis de consultations avec les parties prenantes pour le projet de l’Espace des Arts en parallèle d’un deuxième projet associatif pour le Foyer de Vie et l’Accueil de jour. Fin 2020, les leçons tirées du projet 2019 et de la crise sanitaire ont permis d’engager une nouvelle étape afin de concrétiser ce qui rend vraiment notre association innovante et donc ; d’établir le sens commun des structures de la Corne d’Or avec un seul projet associatif. Concrètement, en quoi devraient consister ces liens -pas du tout si évidents – entre culture, handicap et territoire ? Comment les expliquer et les appliquer ?

L’Espace Culturel La Corne d’Or

Un nouveau modèle a donc a été retravaillé afin que l’association ait une mission commune pour ses projets médico-sociaux et culturels : Accompagner les besoins et valoriser les talents…afin de défendre TOUS leurs droits, notamment culturels. Chaque résidence artistique devait devenir l’occasion d’expérimenter des pratiques de médiation, de création et de sensibilisation qui servent cette mission d’accompagnement de la Corne d’Or. A travers diverses formes artistiques il fallait mettre au défi – artistes, professionnels médico-sociaux, médiateurs artistiques, adultes en situation de handicap et habitants de territoires ruraux – d’explorer ensemble des « paris lancés » pour faire avancer les droits culturels dans l’accompagnement (médiation), les œuvres (création) et les mentalités (sensibilisation).

Cette mission commune au quotidien, c’est ce qui fait notre spécificité mais aussi notre défi ! Il était donc très important en 2021 d’évaluer, de consolider et de documenter à plusieurs les pratiques potentiellement « innovantes ». Pour cela il fallait structurer nos résidences et leur donner un cadre d’expérimentation pour la saison 2021/2022. Nous avons défini notre « territoire » de priorité comme la CDC des Hauts du Perche.

Un nouveau cadre d’expérimentation : quels principes ont guidé notre modèle de résidence artistique ?

Les droits culturels font partis des droits défendus à la Corne d’Or. Chacun.e d’entre nous a le droit d’accéder aux ressources culturelles qui nous permettent de trouver notre identité propre selon nos besoins et nos talents. Comment accéder à la « culture » qui nous permet d’être la meilleure version de nous-même ? Comment la partager avec les autres sans jugement ni préjugés ? Pour cela, les « ressources » doivent être de la plus grande diversité possible, facile d’accès mais pas seulement, ouvertes aux contributions des publics vulnérables qui sont éloignés de la vie culturelle, et donc souvent mal ou sous-représentés. Les droits culturels, difficiles à définir, sont avant tout un vaste ensemble de questions dont l’on doit débattre ensemble pour faire participer à la vie culturelle l’ensemble de la société en lui redonnant sa place centrale : celle de créatrice de lien social dans des contextes ou la créativité et l’imagination doivent permettre de multiplier les possibles !

L’Espace Culturel défend les droits culturels des publics de la Corne d’Or en situation de handicap mental mais aussi ceux des habitants de son territoire avoisinant : rural et lui-même éloigné de la vie culturelle. En effet, cet engagement ne peut se faire de manière cloisonnée. À travers nos pratiques de médiation artistique, nous tissons du lien, nous créons des espaces de rencontre et de débats. Nous nous attelons à rendre acteur les publics vulnérables. En donnant priorité à la co-construction pour chaque résidence artistique, nous cherchons à améliorer et développer des pratiques de médiation qui ne considèrent nos publics ni comme des victimes ni comme des bénéficiaires passifs d’un changement qui dépendrait des « autres ». On ne peut pas innover seul.e.s.. La nature même de notre association médico-sociale et culturelle nous met face aux enjeux de la co-construction au quotidien. C’est un travail de fond que nous avons mené quotidiennement pour renforcer le travail en équipe et valoriser la complémentarité des compétences et points de vues de chacun.e. Il fallait réussir à tisser des liens sur chaque résidence entre les personnes très différentes impliquées : artistes, professionnels médico-sociaux, médiateurs artistiques, adultes en situation de handicap et habitants de territoires ruraux. Avec le nouveau modèle, l’idée des « paris lancés » était celle de proposer des fils conducteurs qui reliraient culture, handicap et territoire et qui susciteraient des débats sur la large question des droits culturels.

Le modèle testé en 2021 (à partir de Septembre, début de saison 2021/2022) continuera en 2022 avec des ajustements basés sur ce que nous avons appris et partageons ici. Nos résidences artistiques sont ainsi organisées selon les trois objectifs généraux suivants :

  1. Temps de MÉDIATION pour les publics vulnérables de la Corne d’or et de notre territoire rural

A partir du travail avec un artiste sur un temps long, permettre à des publics vulnérables en termes de droits culturels ; d’exprimer leurs émotions, de développer leur créativité, et de devenir acteur de lien social. Aux vues de notre mission commune et de nos ressources, nous avons progressivement identifié l’Espace Culturel comme un lieu de médiation artistique avant tout. (Cf définition ci-dessous)

  • Temps de CRÉATION pour les artistes professionnels

A partir d’échanges privilégiés avec les publics de la Corne d’Or, permettre à des artistes de créer de nouvelles œuvres engagées, inspirées par les talents et les besoins des publics les plus vulnérables. L’Espace Culturel n’a pas les moyens techniques d’être un lieu de diffusion mais peut proposer aux artistes une véritable aventure humaine en soutenant de nouvelles créations dont les recherches en immersion à la Corne d’Or peuvent se laisser « plus ou moins » inspirées par les enjeux de publics isolés de la vie culturelle : souvent méconnus ou fantasmés donc mal ou peu représentés dans l’offre culturelle.

  • Temps de SENSIBILISATION pour les écoles, associations et habitants du territoire

A partir d’ateliers-débats, de rencontres et de sorties de résidences ouvertes au public, éveiller l’esprit créatif, critique et solidaire de notre territoire en leur faisant découvrir le travail d’artistes professionnels tout en débattant des droits culturels. L’engagement de l’Espace Culturel pour les droits culturels est forcément collectif avec des actions de sensibilisation (sorties de résidences, visites guidées, ateliers-débats avec des écoles ou associations) qui doivent bénéficier aux autres publics de notre territoire. Notre accompagnement ne serait pas complet si nous ne prenions pas en compte le contexte dans lequel nos publics vont évolués une fois que nous leur aurons donné les clefs pour être acteurs de lien social et culturel.

L’approché de la médiation artistique: quelle légitimité pour accompagner les publics vulnérables sans compétences éducatives ou thérapeutiques ?

Les enjeux de la médiation artistique sont ceux du développement personnel dans ses dimensions physiques, psychiques, mentales mais surtout : sociales. Accompagner quelqu’un dans une pratique artistique c’est l’accompagner dans une relation intérieure à la création mais aussi extérieure: l’idée de renforcer les liens sociaux à travers la pratique artistique est fondamentale à la médiation.

La médiation artistique est au croisement de nombreuses disciplines, c’est un terrain de rencontres pour les différents acteurs avec différentes compétences (cf : co-construction). L’objectif n’est ni thérapeutique (ex : soin individuel sans partage avec le monde extérieur), ni technique (ex : devenir le meilleur dans une discipline artistique), ni éducatif (ex : apprendre les règles de société) ; l’objectif est à la fois social et créatif (ex : prendre confiance en sa créativité et son imagination pour créer des liens avec les autres). C’est un vecteur de continuité entre action pédagogique et intervention thérapeutique : nous travaillons ensemble tout en nous complétant.  La médiation artistique est donc un ensemble d’actions pour permettre un dialogue intérieur de la personne à travers la création artistique qui débouche sur un dialogue avec les autres (ex : restitution des ateliers).

Restitution de « Ne fais pas une scène »

La médiation artistique est une forme d’accompagnement qui doit être beaucoup plus professionnalisée. Pour être réussie elle doit généralement être proposée sur un temps long avec un encadrement adroit, approprié et inventif. Dans le cas contraire et sauf coup de chance, on peut faire plus de mal que de bien. Comme pour la médiation familiale par exemple, il existe autant de solutions que de situations variées, cela n’en reste pas moins une compétence. Il faut une grande capacité d’adaptation et beaucoup de pédagogie, tout en comprenant bien les tenant et aboutissants de chaque pratique artistique… Il faut donc des médiatrices ou médiateurs capables de conseiller les artistes (qui ne peuvent/doivent pas savoir tout faire) et les accompagnants mais aussi et surtout : permettre aux participants en toute sécurité d’exprimer leurs émotions, de développer leur créativité et de renforcer leurs liens sociaux. Le rôle du médiateur artistique doit être celui d’un tiers impartial et indépendant qui facilite les « liens » entre équipes accompagnantes, artiste et publics aux profils/besoins/talents variés. 

Observations et recommandations : qu’a-t-on appris grâce au nouveau modèle mis en place en 2021 ?

Ces recommandations sont avant tout des conseils, des observations ou des postures à adopter. Même s’il est important d’identifier des recommandations afin de professionnaliser la médiation artistique, c’est avant tout une approche humaine et adaptée selon le contexte qui permet d’accompagner en créant du lien social/créatif/émotionnel…On s’adapte en permanence au contexte et aux personnes, parfois en semblant se contredire et presque toujours en se remettant en question. Ces observations ont été écrites à partir de situations précises et récurrentes pendant les résidences de 2021. Si certaines semblent banales, elles ont pourtant été au cœur des préoccupations et nécessitent donc à notre avis, une attention particulière pour celles et ceux qui souhaiteraient travailler à des projets similaires.

Résidences longues (4 semaines ou plus) versus résidences courtes (1à2 semaines) : Les temps longs sont importants pour tout le monde, les publics vulnérables et leurs accompagnants (pros) mettent souvent du temps à faire confiance. Les artistes ont aussi besoin de plus ou moins de temps pour s’ouvrir complètement à cette rencontre humaine et artistique. Enfin le temps permet bien-sûr un travail plus constructif, régulier* et en profondeur. Les temps courts ont d’autres avantages** et sont complémentaires, avec moins d’exigences pédagogiques et logistiques, ils permettent à chacun d’être encore plus dans le plaisir et le lâcher prise, ce qui permet une rencontre plus éphémère mais enrichissante. La charge de travail que nécessite un accompagnement de qualité (médiation artistique) et les ressources humaines limitées de l’Espace Culturel nous incite aussi à privilégier autant que possible les projets sur les temps longs afin de pouvoir se dédier entièrement à une résidence : donner priorité à la qualité des liens entre les artistes, les équipes et les publics vulnérables.

*La régularité est particulièrement importante pour les personnes en situation de handicap mental. Les « mini-ateliers » -animés par l’équipe quand les artistes sont absentes – ont permis de continuer à stimuler la concentration et l’intérêt des résidents, facilitant la reprise des ateliers au retour des artistes.

** Sur des résidences courtes, on peut envisager des groupes un peu différents chaque jour. Cela permettrait à un plus grand nombre d’en profiter et de mobiliser d’abord sur un temps court ceux qui sont plus difficiles à motiver : rendre la démarche de venir à l’espace culturel plus aisée et mettre en confiance pour d’autres projets plus longs.

Sélection des artistes : Cet aspect n’est vraiment pas à sous-estimer même s’il semble évident… Qu’ils aient de l’expérience avec les publics vulnérables* n’est pas important, les médiateurs.trices sont là pour les guider ainsi que les équipes accompagnantes. Ce qui compte c’est leur posture d’écoute et l’ouverture d’esprit afin qu’ils puissent travailler en équipe, prendre en compte les points de vue de chacun (publics, accompagnants) et soient prêts à évoluer/changer au cours de cette expérience. Il faut aider les artistes à dépasser leurs peurs ou leurs incompréhensions du handicap ou leur méconnaissance de la médiation artistique, ils ont des préjugés comme tout le monde. Pour cela il faut établir un dialogue** honnête et précis avant de commencer et tout au long du projet. Tous les artistes n’ont pas forcément une affinité pour les projets tels que les nôtres : il faut avant tout trouver des artistes qui sont prêts à vivre cette « aventure » avec tout ce que cela implique de remise en question et d’échanges. Les qualités humaines (maturité, capacité d’adaptation, spontanéité, ouverture d’esprit, travail en équipe) sont primordiales tout en gardant en tête des équipes peuvent/doivent les guider sur les aspects techniques de la médiation ou de la connaissance des publics. Les publics vulnérables sont souvent des « éponges » une fois qu’ils accordent leur confiance, l’énergie des artistes (négative ou positive) est donc particulièrement communicatrice aussi bien pour les participants que pour les accompagnants (souvent plus réticents encore). La qualité de présence et l’engagement des artistes sur les temps informels*** (visite des lieux, piques niques ou repas partagés, découverte du travail de l’artiste, sorties culturelles ou autre) est presque aussi importante que celle en ateliers. C’est avant tout une rencontre avec des échanges dans les deux sens !

*La posture d’écoute est tellement importante  pour s’adapter aux besoins de chacun et à une démarche quasi de « recherche-action » (la médiation artistique reste un champ expérimental-). Il est problématique de travailler avec des artistes qui semblent ou croient tout savoir. Attention par exemple aux artistes « spécialisés» dans le travail avec les enfants car même si des similarités existent en termes d’approches pédagogiques pour les adultes en situation de handicap mental, l’infantilisation ne doit pas prendre le dessus. Il faut ainsi mettre en place des stratagèmes pour éviter l’infantilisation des Cordiants tout en laissant place au jeu, au lâcher-prise etc…

** Parler du handicap mental, expliquer notre approche de médiation artistique (à l’oral et à l’écrit) et la méthodologie ou approche du projet (ex :co-construction) nécessite un véritable travail en équipe (debriefings, échanges réguliers, carnets de bords). Il faut aussi rassurer sur les attentes (pari lancé mais flexibilité, liberté de création donc pas une commande, sortie de résidence donc pas spectacle tout fini), donner des exemples de projets passés pour qu’ils puissent se projeter, bien définir ensemble les objectifs communs avec marge de manœuvre, échanger en amont sur le contenu des ateliers et quelques principes clefs (éviter infantilisation, verbaliser sa démarche, aborder mixité comme différents niveaux) possibilité de rajouter des actions de sensibilisation selon leurs disponibilités et envies (ex : rencontres avec écoles). Prendre un temps avant le début des ateliers pour expliquer aux artistes la notion de médiation artistique et l’importance du cadre, de la structure et des repères afin de permettre aux publics de se libérer dans un contexte sécurisant et contenant.  Les médiateurs.trices et équipes accompagnantes sont là pour aider l’artiste à adopter une posture juste dans son accompagnement. Encore une fois, attention aussi à la pression, les artistes ne peuvent pas tout savoir faire, ils sont là pour partager leur pratique artistique.

***Un temps fort de « lancement » de la résidence est notamment à prévoir car cela facilite vraiment la prise de contact, l’ambiance, la dynamique de groupe, la motivation etc. dès le début. Par exemple, un concert en interne pour découvrir le travail des artistes ou un repas partagé et festif.

La sortie de résidence (création) versus la restitution des ateliers (médiation) : Il est important de manière générale – même si des exceptions sont toujours possibles selon les projets – de séparer le travail de création du travail de médiation : ce sont presque deux projets parallèles mais qui s’influencent dans l’idéal. Si on ne le fait pas, il y a plusieurs risques : 1/que les participants apprennent moins en atelier car ils sont des « objets » de création qu’on observe et capture tels qu’ils sont sans chercher à les nourrir et les accompagner 2/que le travail des participants amateurs soit comparé à celui d’un artiste professionnel si ce travail est présenté ensemble et/ou que le travail soit avant tout présenté comme celui de l’artiste, ce qui n’est pas valorisant pour les participants. La restitution des ateliers* est une étape importante de la médiation artistique pour la valorisation et la confiance en soi. Même si la restitution ne doit jamais être obligatoire, créer en vue d’une finalité et d’un temps de partage avec les autres -et dépasser le stress que ça peut engendrer- fait partie du processus de médiation artistique. Cette finalité permet d’orienter les ateliers vers un but, c’est un repère : elle doit bien être dite et comprise dès le début des ateliers car le processus n’est pas le même pour des ateliers sans résultat exposé que pour des ateliers avec exposition/représentation devant un public. Attention aussi que le résultat ne prenne pas le dessus sur l’accompagnement (à voir avec artistes). De préférence la restitution se fait devant un public de proches, pour éviter tout voyeurisme. C’est l’occasion aussi d’impliquer les parents, les proches (prévenir à l’avance, appeler, faire des rappels, communiquer régulièrement etc.) et toute l’équipe accompagnante (même ceux qui n’étaient pas mobilisés sur le projet) lors de ce temps fort**, une implication très importante pour la valorisation des participants. Il est important de bien anticiper les représentations : préparer les participants au stress (avec l’aide de l’équipe accompagnante) et à la conscientisation d’une restitution à un public extérieur.

*La remise de certificats (signés avec un mot des artistes et de la responsable de l’Espace Culturel) est très appréciée, une forme de reconnaissance supplémentaire et un souvenir.

**Comment impliquer encore plus les parents et TOUTE l’équipe pour ces temps forts ? Ex : donner un rôle.

Témoignages – Joute Musicale

**La fin d’une résidence est souvent un moment douloureux pour nos résidents, cela peut être l’occasion : 1) d’un travail en équipe sur le fait que dans la vie les projets/les gens vont et viennent

Joute Musicale : Roda Minima & HASH24
© – Charity THOMAS

2) réfléchir pour mettre en place des ateliers avec les accompagnants éducatifs qui seraient une continuation du travail réalisé en résidence : se saisir notamment des talents/potentiels révélés et des acquis afin de permettre de les faire évoluer (ex : prendre des cours de danse ou de musique).

Ne fais pas une scène – Atelier avec Céline Tuloup

Évaluer ce qu’on ne peut pas évaluer : La médiation artistique étant difficile à formaliser et à évaluer de manière « objective » ou quantitative, il est important de garder le plus de traces écrites possibles des évolutions afin de proposer un bilan qualitatif. Les compétences ou talents n’étant pas un prérequis, on regarde avant tout la « marge de progression » de TOUS les participants. Le carnet de bord* est essentiel mais chronophage : afin d’en tirer tous les bénéfices il faut organiser la charge de travail afin d’avoir vraiment du temps pour prendre des notes, les relire, les compléter etc ; prévoir aussi du temps pour l’analyse de toutes ces notes…. Cela demande de la discipline mais vaut vraiment la peine pour le projet lui-même et ceux à venir.  Les médiateurs.trices peuvent y écrire leurs propres observations, des anecdotes et témoignages, mais aussi les

Témoignage – Joute Musicale

échanges/débriefs souvent menés à l’oral avec le reste des équipes. Les artistes** ont aussi un carnet de bord qu’ils peuvent alimenter comme ils le veulent, aussi bien avec des écrits que des visuels, des bribes d’histoires et de conversations. Il est bon de leur rappeler régulièrement l’importance de l’exercice, quelle que soit la forme** ou la quantité. A partir de ces carnets de bord, on peut écrire un rapport d’évaluation plus détaillé pour les partenaires ; identifier des pratiques intéressantes pour les partager avec nos réseaux professionnels ou universitaires : mais aussi communiquer de manière plus pertinente (témoignages et anecdotes ; mise en valeur de notre savoir-faire auprès des partenaires et financeurs potentiels ; exposition des traces ou autres outils de médiation pour sensibiliser à notre approche/modèle). Les fiches d’évaluations sont dans l’ensemble moins intéressantes (chronophages et limitatrices) même si elles permettent de compléter les observations souvent générales avec un suivi plus individuel de la marge de

Témoignage – Joute Musicale

progression et avec un outil comparatif (d’une résidence à l’autre ; d’un participant à l’autre). Ces fiches restent difficiles à exploiter car il faudrait qu’elles soient idéalement toutes remplies par la même personne afin de comparer, ce qui est difficile dans la pratique : certains accompagnants n’ont pas expliqué leurs notes, ce qui a faussé toute analyse possible. En revanche, il est important de continuer à faire un bilan individuel** à chaque fin de résidence que l’on partage ensuite avec les équipes accompagnantes (ex : inclusion dans le Projet d’Accompagnement Individualisé à la Corne d’Or)

* Importance d’avoir du temps pour débriefer en équipe et écrire sur les carnets de bord après les ateliers, pas pendant.

**Un artiste nous a demandé de l’enregistrer car il était plus à l’aise à l’oral. Beaucoup d’artistes n’ont pas forcément l’habitude ou le réflexe de l’évaluation » mais il est important d’encourager les échanges et les critiques constructives. Souvent difficile à caler il faut pourtant essayer de faire un bilan en visio avec les artistes et les partenaires quelques jours/semaines après la fin du projet (pour plus de recul). L’idéal est de l’inclure dès le départ dans le calendrier du projet.

Témoignage – Joute Musicale

***Ne pas oublier aussi de débriefer avec les publics. Ex : les cafés-discussions marchent très bien pour cela.

La constitution des groupes, équilibre entre les besoins et la zone de confort : Il ne faut vraiment pas sous-estimer les publics quels qu’ils soient et s’arrêter à leurs difficultés/limites mais plutôt les contourner. C’est là justement que l’art et le processus créatif permettent de se dépasser et de s’ouvrir à d’autres possibilités. Les ateliers de médiation artistique hors contexte (avec un artiste qu’ils ne fréquentent pas au quotidien) permettent parfois la découverte de potentiels insoupçonnés : de soulever certains freins autant chez certains participants que dans le regard des accompagnants. Certains a priori tombent, la découverte des potentiels de certains permet d’envisager certains aspects de l’accompagnement éducatif et quotidien sous un angle nouveau. Il faut donc se poser les bonnes questions avant d’automatiquement écarter la possibilité d’inscrire en atelier un résident qui présente des difficultés paraissant non adéquates, au premier abord, avec les ateliers proposés*. C’est le rôle de l’équipe de médiation de trouver un équilibre entre la prise en compte de leurs besoins pour ne pas les mettre en difficultés et l’importance de les sortir de leur zone de confort (souvent rassurante pour les publics vulnérables mais limitante) ; équilibre aussi entre une approche purement éducative et une approche purement créative (ce qui est vrai tout au long de la résidence). La constitution des groupes est une des étapes clefs lors de laquelle il faut absolument impliquer les équipes accompagnantes pour présélectionner un groupe puis leur présenter le projet**. Pour les publics vulnérables en général, il est parfois difficile d’identifier une « opportunité » cars ils doutent d’eux, il faut donc leur donner le choix tout en les rassurant.

Danser pour Exister – Atelier avec Laurence Salvadori

* Exemple : nous avons vu ici qu’il est possible de travailler autour de l’écriture et des mots même avec des adultes en situation de handicap mental qui ont de grandes difficultés à lire ou écrire . Ne pas s’arrêter au handicap spécifique de chacun par peur de mettre en difficulté, s’ouvrir à la possibilité de contourner voir peut-être soulever certains freins liés à un handicap spécifique.

**Les vidéos sont un bon support pour présenter la résidence aux adultes en situation de handicap mental (en plus du FALC et d’une couleur définie par résidence qu’ils retrouvent ensuite sur le calendrier ex : « projet jaune »). La documentation en générale est très importante et demande à être bien organisée : Filmer plus et mieux les ateliers est un bon support de médiation pour travailler entre les ateliers. C’est particulièrement intéressant pour des projets musique et théâtre.

La mixité des publics, l’intérêt de créer des groupes de publics aux profils/besoins différents : Au départ, la mixité des publics semble compliquer pour des pédagogues ou médiateurs.trices artistiques. Comment proposer des ateliers adaptés avec deux publics aux besoins différents ? Pourtant, en comparant les projets, on s’est rendu compte qu’inviter des publics « extérieurs » avaient de nombreux avantages, notamment le dynamisme (l’excitation de rencontrer de nouvelles personnes) et l’ouverture d’esprit (tout le monde est obligé de sortir des « clichés » du handicap mental) sans parler du renforcement des liens sociaux et du renforcement de la confiance en soi.

Témoignage – Ne fais pas une scène

Quand la mixité se fait avec des enfants, il est important de réfléchir en amont pour éviter toute forme d’infantilisation. Quelque que soit le public il est aussi important de ne pas donner un rôle d’aidant aux personnes « non-handicapées » car cela est absolument contre-productif. La mixité des publics ne doit pas être perçue comme une séparation en deux groupes lors des ateliers mais comme la nécessité de s’adapter à des individus avec des talents et des compétences différentes. Personne n’a le même rapport à la créativité : tous les groupes de pratique artistique ont des niveaux hétérogènes. La mixité des publics permet vraiment de dynamiser les projets et d’échapper aux idées préconçues, de casser encore plus les aprioris. On peut travailler sur des vulnérabilités communes auxquelles on n’aurait pas forcément pensé, cela permet de créer des liens forts et sincères. Attention, la disposition de la salle et l’organisation de l’espace comptent beaucoup, il faut éviter à tout pris la séparation du groupe. Ex :  privilégier une configuration en U s’il y a des tables. 

Témoignage – Ne fais pas une scène

Co-construction, communication et travail d’équipe : Le travail de communication et de coordination entre les parties prenantes* est absolument essentiel: que ça soit en interne, entre les équipes culturelles et médico-sociales, ou avec le partenaire extérieur ou avec les artistes. Par exemple, la présence occasionnelle de la psychologue est intéressante pour un suivi professionnel des débordements émotionnels en atelier. Comme avec chacun.e, il faut prendre en compte mais aussi nuancer son points de vue qui est complémentaires mais qui reste une approche différente car thérapeutique (ex : cherche moins/pas à sortir de la zone de confort). D’où l’importance de débriefs et d’échanges en équipes. La présence des médiateurs.trices est centrale pour faire le lien entre les points de vues de chacun.e : prendre en compte les compétences de chacun et encore une fois, créer des liens, chercher des équilibres. Il ne pas sous-estimer la médiation handicap pour les artistes et les publics extérieurs, leur donner l’opportunité de verbaliser les tabous et les malaises (« ces gens-là ») : différence notable quand les artistes et les participants ont quelques clefs de compréhensions, ils s’ouvrent plus facilement. On est vite déborder, il faut prévoir du temps pour des échanges formels et informels entre les ateliers :  afin notamment d’anticiper et de gérer les situations difficiles comme ls décrochages potentiels. Ce travail permet aussi de répartir les responsabilités en travail d’équipe et d’éviter de mettre trop de pression aux artistes qui ne peuvent/savent pas tout faire. Enfin, comme on l’a déjà mentionné, le pari lancé** est aussi là pour aider à la co-construction en aidant à créer un fil conducteur et questionner les différentes parties prenantes autour d’un enjeu/engagement commun.

Témoignage – Ne fais pas une scène

*On insiste sur le fait qu’il faille prévoir dès la conception du projet, beaucoup de temps d’échanges et insister sur la communication (et les retours) tout au long du projet. Selon les projets, les réunions avec tout le monde ne sont pas possibles (les plannings dans le médico-social sont un vrai casse-tête qu’il faut bien anticiper) il faut donc en discuter en amont pour trouver des solutions. Des échanges en petits comités sont aussi importants pour pouvoir dire certaines choses plus facilement. Chacun s’ouvre au monde de l’autre, sur lequel il y a beaucoup d’a priori réciproques, il faut donc faciliter la “traduction” entre les secteurs/mondes/codes. Ex: ne pas sous-estimer les différences de priorités, plannings, rdv médicaux, urgences et crises. L’idéal est de coconstruire dès le départ le projet avec un objectif commun et un rôle pour chacun avec des compétences/regards complémentaires. Il y a vraiment des différences énormes quand les accompagnants/partenaires se sentent vraiment impliqués ou pas dans le processus de médiation artistique.

Atelier avec Philipp Vohringer (Mike Tiger) – Clown

**Au niveau de la création, Le pari lancé est une idée de départ pour les artistes, ils peuvent choisir de s’en emparer plus ou moins mais gardent leur liberté de création. On espère (sans pouvoir intervenir) que leurs rencontres en ateliers (c’est sur la médiation qu’on intervient donc) – aventure humaine – vont plus ou moins influencer les créations en cours avec pour objectif de: 1/ changer le regard des artistes et donc mieux/plus représenter les publics vulnérables dans les œuvres. 2/ potentiellement avoir des créations qui tournent ensuite et continuent à faire parler de ces enjeux.  A La Corne d’Or, des mondes à priori différents se découvrent, se confrontent et s’influencent pour défendre les droits des publics vulnérables.

Les actions de sensibilisation : L’idée de « sensibilisation » était celle de fusionner médiation culturelle et médiation handicap afin de donner du sens à nos actions plus ponctuelles (rencontres, ateliers-débats, diffusions, sorties de résidence) vis-à-vis de la mission de la Corne d’Or. C’est un aspect que nous avons peu développé en 2021, faut de stabilité dans l’équipe. Ces actions ponctuelles et tournées vers les habitants du territoire ont pour objectif de sensibiliser notre territoire de proximité à des enjeux qu’on ne peut pas faire avancer seuls dans notre coin : les droits culturels, la vision du handicap mental, le rôle de l’art dans notre société, l’importance de rendre acteurs de la vie culturelle tous les publics. Les actions menées ont rencontré un grand enthousiasme de la part des écoles et centres de loisirs. La demande est forte mais nous avons eu du mal à y répondre étant donné nos ressources humaines limitées. Même si ces actions restent plus ponctuelles et quantitatives il serait intéressant afin d’avoir plus d’impact de choisir quelques partenaires clefs qui seraient « prioritaires » toute la saison pour les ateliers-débats*, rencontres avec artistes, accès aux répétitions et visites guidées** Certains artistes ont trouvé très bénéfiques et motivantes ces actions en complément de leurs ateliers de médiation. Participer à ces actions de sensibilisation rajoute au calendrier déjà bien charger des artistes sur nos résidences, il faut les prévoir autant que possible à l’avance et avec l’accord des artistes. L’exposition des traces*** est autant un outil d’évaluation que de sensibilisation auprès des publics qui viennent à la sortie de résidence (afin de leur montrer que ce qu’ils vont voir fait partie d’un projet global avec un engagement fort) et aussi en interne auprès des équipes.

* Pour les ateliers débats, certains outils ont bien marché mais restent à développer, ex : l’exercice du débat mouvant ou encore les jeux de rôles sur le thème des droits culturels.

**Rendre les résidents acteurs de ces visites guidées (résidences arts visuels) est intéressant mais il ne faut pas trop « scripter » ou préparer leur participation afin de les mettre à l’aise et de les valoriser avec plutôt des questions au cours de la visite :  créer des repères mais en s’attachant moins à un ordre précis ou à un contenu complet ; s’adapter dans la spontanéité, faire avec ce qui surgit au fur et à mesure de la visite.

**Expo des traces :  C’est une démarche à laquelle il faut bien réfléchir car on utilise des contenus d’évaluation pour communiquer, hors l’équipe a peu de temps à dédier de manière générale à l’évaluation de qualité…. Attention charge de travail importante pour bien faire. Il faut garantir un respect sans faille : Attention de ne pas transformer les participants en sujets observés/exposés. Il faut notamment bien prévenir les participants et éventuellement les rendre acteurs de cette partie du projet. La communication autour de cette « exposition des traces » peut être inclus dans la préparation des droits à l’image : expliquer la captation et diffusion des images mais aussi des témoignages etc. Au sein de l’association, l’exposition permet de retranscrire les différents vécus parfois difficiles à verbaliser et de partager entre collègues et entre participants. Les participants comme les accompagnants semblent apprécier ce moment de réminiscence et de partage. Ex : l’expo des traces permet un partage avec le public extérieur lors de la sortie de résidence mais aussi en interne pour que les collègues puissent voir le travail qui a été fait. Ces derniers s’y intéressent, donnent des avis positifs, posent des questions.

En vrac, quelques pratiques en atelier : certaines spécifiques aux adultes en situation de handicap mental mais dans l’ensemble applicable à différents publics vulnérables

  • Même si les publics « semblent » avoir des capacités de compréhension limitées, c’est important d’expliquer ce qui va être fait en atelier et de partager sa démarche artistique en la verbalisant (en amont quand on présente le projet mais aussi l’artiste en atelier). Ne jamais sous-estimer les capacités de compréhension des publics quels qu’ils soient. C’est aussi ça éviter l’infantilisation et les rendre acteurs du projet de médiation.
  • La conception du contenu des ateliers doit à la fois prendre en compte les besoins individuels (il faut donc aussi adapter le contenu au fur et à mesure) et faciliter une dynamique de groupe (stimulation, énergie, motivation).
  • Même si certains participants se plaignent quoi qu’il arrive, on a noté beaucoup plus de motivation pour les projets qui ont une approche de médiation réfléchie, coconstruite et préparée.
  • Impliquer les participants aux ateliers dans la sortie de résidence (avant/pendant/après) est un moment pédagogique important qui permet de travailler d’autres aspects de la pratique artistique même en restant dans l’observation. Ex : scénographie d’une exposition, installations techniques/décors, accueil du public, rangements.
  • Il faut favoriser des ateliers séquencés qui sont pensés de façon progressive. Ex : tester la technique au début et mieux comprendre les limites de chacun pour adapter la suite ; aller vers de plus en plus d’autonomie et d’exigence technique ; aborder des sujets de plus en plus complexes, cheminer du travail individuel au travail collectif.. Au-delà d’u un partage de la pratique artistique, il faut préparer et concevoir un minimum les ateliers avec l’équipe de médiation. La répétition n’est pas à craindre la répétition, elle est nécessaire aux apprentissages. On peut prévoir des temps plus dynamiques à certains moments clefs de l’atelier.
  • Les échanges réguliers entre artistes -équipe de médiation-accompagnants sont éclairants (pour tout le monde) sur la manière d’organiser les ateliers et sur la manière de percevoir le groupe et chaque participant dans le groupe. Important : Se rendre disponible pour des temps d’échange réguliers avec l’artiste à chaque fin de séance.
  • L’exigence technique est un atout même si cela doit être nuancé : elle fait partie du processus de médiation mais en termes de marge de progression ! Les compétences ou talents ne sont pas un prérequis, ce n’est pas non plus l’objectif principal mais les techniques artistiques permettent de véhiculer des apprentissages et de donner confiance en adaptant ces techniques aux capacités tout en favorisant le dépassement de soi. Ex : adaptations techniques en danse ; outils variés en arts visuels à disposition selon les envies.
  • Pour des ateliers arts visuels, où la pratique laisse difficilement place aux temps d’échanges oraux, on peut mettre en place des moments qui permettent afin de favoriser plus de cohésion au niveau des échanges relationnelles. Exemple : l’atelier dehors pendant une séance qui a permis une ambiance plus chaleureuse et des échanges plus conviviaux avec un temps de danse en début. Cela a également permis aux non participants d’avoir un aperçu de ce qui se passait en atelier.
  • La durée d’1h30 est adaptée aux ateliers manuels. Il est intéressant d’alterner entre le travail de recherche de mots et la pratique manuelle, cela permet de rythmer les ateliers et de rester dans une bonne dynamique, sans passer trop de temps sur des parties plus compliquées. Pour les ateliers « spectacle vivant » la durée d’1h30 est également adaptée mais avec des temps crescendo et decrescendo au début et à la fin.